Tout comme les oiseaux et les mammifères sauvages, l’homme éprouve le besoin de marquer et de défendre son territoire. Il a dès lors la fâcheuse habitude de se créer son chez soi ! Souvent, ce désir passe par la pose de haies, de clôtures, de palissades, voire de murs en briques dans le meilleur des cas ou en béton dans le pire. Ces travaux ont un impact non négligeable sur le paysage, la faune, et la convivialité de nos quartiers.

Cloturer-jardin-2Inutile de vous décrire l’impact visuel qu’ont certaines clôtures mal intégrées dans l’environnement comme par exemple : les haies de Cyprès qui ferment le paysage, les murs en dalles de béton ou en blocs de béton qui ne sont pas intégrés au bâti existant et qui minéralisent à outrance notre environnement, les treillis avec occultation, en plastique vert, qui « artificialisent » l’espace publique…

L’impact sur la faune est non négligeable. Les haies constituées d’espèces exotiques sont pauvres en organismes vivants et ne sont, par conséquent, d’aucune utilité pour les mammifères et les oiseaux. Ces derniers, par exemple, ne nichent pas dans les Cyprès. Les clôtures à petites mailles empêchent la libre circulation des petits mammifères (lapins, hérissons, batraciens…). Combien de hérissons ne se sont-ils pas fait étrangler dans ces clôtures ? Combien d’oiseaux ne se sont-ils pas pendus aux fils de fer barbelés ? Quant aux murs en dalles de béton ou en blocs de béton, ils sont tout simplement « antiécologiques ». Un bémol toutefois pour les vieux murs de briques ou de pierres du pays qui, grâce à des joints composés de mortier à base de chaux, accueillent des mini-plantes et une faune spécifiques. Les murets en pierres sèches et les gabions sont, eux aussi, favorables à la flore et à la microfaune.

Cloturer-jardin-8Quant à la convivialité de nos quartiers, les clôtures hautes et opaques nuisent aux contacts entre voisins et n’encouragent certainement pas les bonnes relations de voisinage. Dans les pays anglo-saxons, et particulièrement aux États-Unis, les lotissements sont dépourvus de séparations physiques entre les différentes parcelles. Les quartiers y gagnent en espaces visuels et sont plus en harmonie avec le paysage. C’est une question de mentalité qu’il serait peut-être bon d’envisager chez nous. En Belgique, certaines communes interdisent les haies de conifères ou de lauriers. Dans tous les cas, il faut une demande d’urbanisme pour les clôtures non végétales. Pour toute information, contactez le service environnement et/ou le service urbanisme de votre commune.

Nos actions au jardin ne sont jamais anodines, elles influenceront en bien ou en mal la biodiversité locale. Il suffit d’un peu de réflexion, d’information et de bon sens.

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Hermann Benjes a décrit à la fin des années 1980, une technique originale. Les « haies de Benjes » sont des haies constituées de branches de bois mort disposées à l’horizontal sur le sol. Elles servent d’abris et de réserves de nourriture aux oiseaux et autres animaux. Ceux-ci déposent leurs déjections sous ces monticules de bois donnant ainsi naissance en quelques années à une haie naturelle. (fr.academic.ru)


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Voici quelques suggestions et conseils :

  • Donnez priorité à la végétation constituée de plantes indigènes. Les haies d’épineux (aubépines par exemple) sont particulièrement intéressantes contre l’intrusion. Les haies d’espèces indigènes mélangées sont les plus esthétiques et les plus riches en biodiversité.
  • Évitez les haies mono spécifiques, variez les hauteurs, laissez certaines zones libres pour avoir des échappées visuelles et pour faire la causette avec le voisin.
  • S’il faut absolument un grillage comme pour empêcher le chien de vagabonder, préférez un treillis à grandes mailles (tout dépend de la grandeur du chien). Vous pouvez aussi ne clôturer qu’une partie du Jardin qui sera réservée à votre animal de compagnie. Dans tous les cas, votre grillage sera camouflé par une haie, par des plantes grimpantes (Lierre, Chèvrefeuille…)
  • Si vous optez pour une clôture constituée de bois de Châtaignier reliés par du fil métallique, choisissez celle qui laisse un espace de 7 cm entre les piquets. Cette clôture a un aspect assez naturel et n’est en général pas trop haute (1 m).

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Merci à Jean-Claude Beaumont, Président de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) pour cet article.

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