Nature Corner > Actualités  > Dernières nouvelles  > Le Chardon, le bonbon du Chardonneret élégant

Le Chardon, le bonbon du Chardonneret élégant

Le nom de Chardonneret « Carduelis carduelis » dérive du « chardon », cette petite plante hérissée de piquants qui pousse le long des chemins. Selon certains auteurs, ce nom a été donné à ces oiseaux parce qu’ils se nourrissent des graines de chardon. Cependant, l’explication de la fréquentation des chardons par ces oiseaux pourrait avoir une autre origine.

goldfinch-453633_1280Dans leurs déplacements, les moutons se frottent contre les chardons et y accrochent quelques flocons de laine ; le Chardonneret vient prendre le flocon, l’effiloche pour le démêler et en capitonne le nid de ses petits, parfois nommés grisets. En effet, son nom scientifique de Carduelis lui vient des chardons (nom scientifique Carduus) dont il mange avec gourmandise les graines. Son bec aigu lui permet de se nourrir au cœur même des chardons. Ils se nourrissent en voltigeant d’une plante à l’autre, souvent suspendus tête en bas pour extraire les graines. N’est-ce pas une bonne raison pour garder quelques chardons dans le fond du jardin ? Se déplaçant souvent en bandes, ils apprécient également les aulnes et les bouleaux dont ils mangent les petites graines en compagnie des Tarins des aulnes, un autre petit passereau qui passe l’hiver sous nos latitudes.

Vers la fin du 20è siècle, le Chardonneret élégant a décliné à cause de l’usage excessif des pesticides, réduisant les « mauvaises herbes » dont il consomme les graines, et par le fait qu’il était un oiseau d’ornement, capturé pour vivre en cage. Aujourd’hui protégée, l’espèce en Europe se porte plutôt bien avec des effectifs estimés entre 25 et 50 millions d’individus.

thistle-296118_1280

En Belgique et en France, nous devons détruire, en vertu (pour la Belgique) du code rural, certains chardons, tels que le Chardon des champs « Cirsium arvense », le Chardon lancéolé « Cirsium vulgare » et le Chardon des marais « Cirsium palustre ». Ces trois espèces, ainsi que le Chardon crépu « Carduus crispus » semblent poser problème.

summer-162599_1280Il existe dès lors une législation (arrêté royal 16 octobre 1981, repris dans l’arrêté royal du 19 novembre 1987) obligeant tout propriétaire d’un terrain à empêcher la floraison de ces trois espèces de chardons ainsi que du Chardon crépu. Cependant, à côté de ces chardons, il existe toute une série de chardons et de plantes piquantes qui ont un réel intérêt biologique, sans présenter de risque de prolifération dans les espaces agricoles, comme le Cirse maraîcher « Cirsium oleraceum », typique des milieux humides. Certains font même partie des espèces rares qui méritent d’être protégées comme le Chardon penché « Carduus nutans ». Ces plantes poussent généralement dans des conditions très spécifiques et servent de nourriture et d’abri à de nombreuses espèces animales. Certains chardons ont un réel intérêt pour les insectes pollinisateurs. Les chardons attirent notamment les abeilles, car la plupart fleurissent jusqu’à la fin de l’été, période à laquelle les ressources alimentaires sont rares. Ces plantes sont aussi importantes pour les bourdons, car elles constituent la principale source de nectar pour les mâles. Elles attirent aussi de nombreux autres insectes tels que des coléoptères, des diptères, des lépidoptères… Tous ces insectes attirent à leur tour des prédateurs insectivores comme les oiseaux. Ces plantes représentent donc bien un maillon d’une chaîne alimentaire…


Comment attirer le chardonneret élégant au jardin ?

bird-409762_1280En hiver, vous pouvez facilement attirer le Chardonneret élégant à proximité de votre habitation. Celui-ci appréciera particulièrement les graines de tournesol, de niger, de chènevis et de millet que vous lui mettrez à disposition dans une mangeoire ou à même le sol. L’oiseau grégaire prélèvera alors les graines tombées au sol, par petites troupes. Au printemps, pour favoriser sa venue sur votre terrain, offrez-lui des zones de friches comportant des composées (centaurées, bardanes, séneçons…) et autres plantes adventices (chardons, cardères sauvages, mouron des oiseaux…). Pour la pelouse, vous pouvez, par exemple, conserver des banquettes herbacées le long des haies ou des allées. Ainsi, les hautes herbes permettront aux plantes de fleurir et de monter en graines, attirant notre oiseau. Ces lisières herbacées pourront être coupées au mois de mars et sont également très favorables aux papillons. Au potager, ne bêchez pas avant début mars ! Les Chardonnerets profitent de l’abondance du mouron et des séneçons pour s’alimenter l’hiver.


Merci à Ludivine Janssens, chargée de missions à la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO), pour cet article.

 

Share

1 Comment

Add Comment

Name*

Email*

Website