Aller vers la nature est un grand pas. Ceux qui ont tenté en sont tombés amoureux. Une fois n’est pas coutume sur Nature Corner ! : voici un témoignage qui raconte une rencontre authentique entre une amoureuse de la nature et un pays de l’Afrique Noire : le Sénégal. Une déclaration à la fois émouvante et réelle à vous couper le souffle…


Je ne vais pas vous mentir, quand mon compagnon m’a proposé de m’expatrier avec lui au Sénégal, après avoir vécu en Afrique du Sud et au Kenya (et avoir pas mal traîné mes guêtres en Tanzanie aussi) je n’ai pas vraiment sauté de joie.

Maison coloniale à Gorée, Dakar Sénégal

Mon Afrique à moi, celle qui anime et fait danser mes rêves depuis toute petite, c’est l’Afrique des lions et des gazelles, des éléphants et des rhinocéros, celle des soleil gros comme une pastèque qui s’évanouissent en clin d’œil derrière les acacias, au cœur de la savane, bref mon Afrique à moi, c’est celle de la grande faune africaine !

La terre des fauves !

Le Sénégal ?…ah…ouai…bof…y a quoi là bas ?

Ben des sénégalais, du soleil, la mer !

Ah ? Non mais je voulais dire comme animaux y a quoi ?

Ahhhh ben…des oiseaux, des ânes, des vaches, des chiens, des moutons et des chèvres, et puis…et puis des phacochères aussi !!!

Ah des phacochères…ouai…non si c’est sympa les phacos…

Enfin bref vous voyez quoi…

Mais l’amour me guidant, j’ai suivi mon compagnon pour partir vivre au Sénégal. Et j’ai appris à aimer ce pays. Cela n’a pas été facile bien entendu car au début je ne faisais que comparer l’incomparable.

Singe sénégal

L’Afrique de l’Est et du Sud versus l’Afrique de l’Ouest…

Deux mondes totalement différents.

Mais le Sénégal n’est plus du tout le pays du tourisme de masse, avec des visiteurs venus s’agglutiner sur les plages de Sally, dans le seul but de recevoir leur quota de soleil annuel. Le Sénégal a changé, et surtout le Sénégal a tellement plus à offrir en terme de tourisme de nature.

Je suis partie en repérage dans le Siné Saloum, un delta unique où les fleuves Sine et Saloum se courtisent pour notre plus grand plaisir, créant ainsi des paysages d’une beauté rare mais sans tapage. Un profond sentiment de paix et de calme s’échappe de nous quand nous sommes ici, au milieu des méandres et des bolongs, en pirogue, à pied ou en charrette.

Ici effectivement pas de « Big 5 », pas de kudus ni d’impalas, mais j’y ai appris à aimer et à respecter des animaux moins « attractifs », moins intéressants pour la plupart d’entre nous, mais pourtant indispensables au bon fonctionnement de la mangrove, l’écosystème auquel ils appartiennent. Un écosystème immensément riche en biodiversité.

J’y ai appris que les huîtres rotent ! Oui ! Quand elles ont un trop plein d’eau à l’intérieur de leur coquille, on entend le claquement des huîtres qui régurgitent et balancent un petit jet d’eau à la va-vite.

J’ai pu observer la longue et silencieuse marche des bernard-l’ermite en quête de l’ombre que leur procure les palétuviers.

J’ai assisté à la danse majestueuse du héron Goliath, et aux ballets incessants des mouettes, des goélands et des sternes caspiennes et royales au moment de la nidification.

J’ai reçu la visite très rapprochée des alevins venus se nourrir à ma chaire (communément appelé maintenant la Fish Thérapie ou Fish Pédicure), et découvert le cycle de vie des éponges.

Je me suis émerveillée devant l’observation que nous avons pu faire des dauphins à bosse, venus pêchés dans des eaux plus calmes, de colobes bais et de serval, des animaux communément difficiles à observer.

J’ai été bercée par le long hurlement des hyènes à la tombée de la nuit, et réveillée par le chant enivrant des oiseaux du paradis.

Dauphin à bosse, Sénégal

« Mais surtout, je m’y suis rencontrée moi-même, une nouvelle fois… »

J’y ai appris que je pouvais être patiente, que je savais attendre et écouter, j’ai appris à ne pas condamner sans savoir, sans connaître, à laisser une chance à l’inconnu et à apprécier ce qui m’était offert.

J’ai appris à aimer ce que j’avais et à cesser de voir l’herbe toujours plus verte ailleurs.

J’y ai découvert une certaine forme de sagesse et de contentement, dans le lâcher-prise avec le « toujours plus ».

J’ai découvert qu’on pouvait être heureux de s’être trompé et de le reconnaître !

Et je vous souhaite de vivre la même expérience que moi en venant visiter le Sénégal !

plage de Sénégal

Après le Siné Saloum et la région de Saint-Louis, je me lance bientôt à la découverte de la Casamance, réputée pour être l’une des plus belles régions du Sénégal !

Article écrit par Adéline Lobbes du blog Wild Things Factory

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