Benjamin Franklin a donné jadis ce conseil : « Celui qui sait être patient obtient ce qu’il veut ». Ce génie du bon sens, qui suggéra que le dindon serait un meilleur symbole que l’aigle pour les Etats-Unis, n’avait pas la réputation d’être un ornithologue d’envergure – c’est un des rares talents que ne possédait pas ce grand homme. Cependant, cette opinion sonne particulièrement juste aux oreilles de ceux d’entre nous qui ont une certaine expérience de l’observation des oiseaux.

La patience n’est pas seulement une vertu, c’est un des outils les plus importants dont a besoin l’ornithologue. Qui sait attendre… au bon endroit et au bon moment est récompensé.

Les oiseaux, dont un grand nombre se trouve à mi-parcours de la chaîne alimentaire, sont ombrageux de nature. Ils sont prudents, vigilants et attentifs à toute menace éventuelle. Il leur faut du temps pour se montrer lorsqu’on s’introduit dans leur habitat ou lorsque quelque chose semble les menacer jusqu’à ce que les circonstances ou l’accoutumance leur révèlent qu’il n’en est rien.

L’ornithologue prêt à faire une pause et à attendre sera récompensé car la proie reprend lentement sa routine. Un cri lointain, puis un autre encore plus proche finiront pas retentir, suivis d’un mouvement entrevu, et puis, si on a de la chance, la récompense finale.

Si attendre un quart d’heure qu’un moineau se montre vous semble être un défi trop important, alors pensez à ces hommes qui ont prétendu redécouvrir le pic à bec d’ivoire dans les zones humides du sud-est des Etats-Unis. Ils ont passé des milliers d’heures à la recherche d’une espèce que leurs détracteurs affirmaient avoir disparu définitivement dans les années quarante.

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En quête de patience

Si on excepte une courte prière – Seigneur accordez-moi la patience… maintenant ! – la patience est un talent qu’il convient d’apprendre et de développer. On peut l’acquérir en prolongeant de plus en plus les heures de concentration. Asseyez-vous simplement sur une bûche à proximité de chez vous ou sur un banc et obligez-vous à y rester un quart d’heure. Bougez aussi peu que possible et ayez pleinement conscience de tout ce qui se passe autour de vous. Notez clairement dans votre esprit tout ce que vous remarquez. Répétez cet exercice tous les jours pendant une semaine ou deux, en allongeant votre temps de pause de quelques minutes chaque jour, jusqu’à ce que vous n’ayez plus l’impression que ce soit une corvée.

Si cet exercice simple ne vous convient pas, voici une approche à caractère introspectif. D’abord essayez de comprendre pourquoi vous n’êtes pas patient. Qu’est-ce qui vous empêche de l’être ? Regardez en vous-même. Y-a-t-il en vous des déclics qui déclenchent votre impatience ? Qu’est-ce qui le plus souvent ou le plus régulièrement vous fait perdre patience ? Y-a-t-il des déclics en provenance de l’extérieur que vous ne savez pas contrôler ? Cherchez une façon de les contrôler quand vous observer les oiseaux. En cas d’échec, quelques respirations profondes, lentes, bien rythmées peuvent opérer de véritables miracles.

Et maintenant que vous avez été si patient, voici une autre citation de l’auteur indien Eknath Easwaran : « On ne peut acquérir la patience du jour au lendemain. C’est comme pour les muscles. Des exercices quotidiens sont indispensables ». En d’autres termes, soyez patient dans votre recherche de la patience.

 

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Source : « 101 règles d’or pour observer les oiseaux » – Editions Le Courrier du Livre

Nature Corner vous partage régulièrement toutes les bonnes raisons de Marcus Schneck pour être ornithologue. Vous retrouverez donc régulièrement – ici, sur notre blog – des articles tirés de son livre.

Nous remercions la maison d’édition Le Courrier du Livre (Groupe Trédaniel) de nous avoir autorisé à partager avec vous des pages de ce livre, rempli de conseils pratiques, d’anecdotes amusantes, …

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